• Les figures de style:  Du chapitre 1 au chapitre 22 Le dernier jour d’un condamné

      Du chapitre 1 au chapitre 22

Le dernier jour d’un condamné

     La comparaison

       j'étais un homme comme un  autre  homme

      elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plomb à mes côtés

      se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles

      et reparaît dans mes rêves sous la forme d'un couteau.

      qui venaient s'abattre sur les bancs de la salle d'audience comme des corbeaux  autour d'un cadavre

      je trébuchai comme un portefaix trop chargé la salle était claire comme pour une noce

      j'attendis ma sentence comme on attend la délivrance et la vie.

      je distinguais clairement comme une clôture entre le monde et moi

      je retrouve la prison sous toutes les formes, sous la forme humaine comme sous la forme de grille ou de verrou

o  je leur trouvais des airs de fantômes.

o  un air de château de roi

o  on dirait que les murs ont une lèpre

o  entée sur la langue générale comme une espèce d'excroissance hideuse

o  On dirait des crapauds et des araignées.

o  elle dort, elle est comme morte.

o  d'épaisses toiles d'araignée pendent comme des haillons.

o  qui me regardaient à distance comme une bête de la ménagerie

o  des caractères rouilles qu'on dirait écrits  avec du sang leurs derniers pas

o  de visages maigres et blêmes, pressés les uns au-dessus des autres, comme les pierres d'un mur

o   On eût dit des âmes en peine aux soupiraux du purgatoire

o   quelques yeux perçants et vifs comme des points de feu.

o   On eût cru voir des masques de démons

o   lui ferait sauter le crâne comme une coquille de noix

o   On eût dit qu'il mettait le feu à tous ces cerveaux

o   Les forçats se levèrent à la fois, comme par un mouvement convulsif.

o   Lui, prolongeant son rire qui ressemblait à un râle

o  J’ai tremblé, comme si j’eusse pensé à autre chose depuis six heures

o  Tout ce spectacle s'évanouit comme une fantasmagorie.

o  On eût dit la bave d'une limace sur une rose.

o  jsi épaisse qu'on la dirait tricotée

o   Je me sentais emporté avec stupeur, comme un homme tombé en léthargie

o   Tout cela me semblait comme un tourbillon qui m'emportait.

o     J'étais  devenu machine comme la voiture.

o   paroles monotones qui assoupissaient ma pensée comme le mur mure d'une fontaine,

o   toujours les mêmes, comme les ormeaux tortus de la grande route

o   qui serpentent et s'entrecoupent comme les mille chemins d'une fourmilière

 

la gradation

 

o  Chaque jour,  chaque  heure, chaque minute avait son idée.

o  Une horrible, une sanglante, une implacable idée !

o  Je n'ai plus qu'une pensée, qu'une conviction, qu'une certitude : condamné à mort !

o  Nous montâmes un escalier tournant en vis ; nous
passâmes un corridor, puis un autre, puis un troisième ; puis une porte basse s'ouvrit

o  seul à seul avec une idée, une idée de crime et de châtiment, de meurtre et de mort !

o  n'y a-t-il pas en moi une tempête, une lutte, une tragédie

o  , toujours plus hideuse et plus ensanglantée

o  ne se présente-t-elle pas à moi à chaque heure, à chaque instant, sous une nouvelle forme,

o  , il y aura bien encore dans les angoisses, dans les terreurs, dans les tortures qui la rempliront,

o  Ce journal de mes souffrances, heure par heure, minute par minute, supplice par supplice,

o  Est-il bien vrai que cela ne se peut, qu'il faudra mourir demain, aujourd'hui peut-être, que cela est ainsi ?

      Là, classement, numérotage, enregistrement ; car la guillotine est encombrée,

      l'ordre d'exécution est minuté, rédigé, mis au net, expédié

      Or, voilà cinq semaines au moins, six peut-être, je n'ose compter

      Je laisse une mère, je laisse une femme, je laisse un enfant.

      Mais ma fille,  mon enfant,  ma pauvre petite Marie,

      qui rit, qui joue, qui chante à cette heure et ne pense à rien,

      Rêve, vision ou réalité, je serais devenu fou

      On entendait ouvrir et fermer les lourdes portes, grincer les verrous et les cadenas de fer, carillonner les trousseaux de clefs entrechoqués à la ceinture des geôliers, trembler les escaliers du haut en bas sous des pas précipités

      J’ai tremblé, comme si j’eusse pensé à autre chose depuis six heures, depuis six semaines, depuis six mois

      Ma belle enfance, ma belle jeunesse, étoffe dorée dont l’extrémité est sanglante

      J'observais ce spectacle étrange avec une curiosité si avide, si palpitante, si attentive, que je m'étais oublié moi-même.

      II est heureux ! il sera rogné ! Adieu, camarade !

      J'étais demeuré à la fenêtre, immobile, perclus, paralysé.

      La prison est une espèce d'être horrible, complet, indivisible,

      La gradation

     Je crus voir leurs têtes hideuses paraître déjà au bord de ma fenêtre, je poussai un second cri d'angoisse, et je tombai évanoui.

     les témoins ont bien témoigné, les plaideurs ont bien plaidé, les juges ont bien jugé.

     la voix pure, fraîche, veloutée d'une jeune fille

     Elle m'enferme dans ses murailles de granit, me cadenasse sous ses serrures de fer, et me surveille avec ses yeux de geôlier.

     J'en suis resté navré, glacé, anéanti.

     une pluie fine et glacée qui tombe encore à l'heure où j'écris, qui tombera sans doute toute la journée, qui durera plus que moi.

     Tout Bicêtre semblait rire, chanter, courir, danser.

La métaphore

      brodant d'inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie.

      une nuée de spectateurs,

      …des juges chargés de haillons ensanglantés,

      et les têtes de la foule fourmiller au fond dans l'ombre,

      un grand prisme de poussière d'or

      Inondé d'air et de soleil

      le palais  devient masure.

      la camisole de force, une espèce de sac de toile à voilure, emprisonna mes bras

      Et que trouverai-je dans ce cerveau flétri et vide

      je suis dans ce cabanon de Bicêtre,

      . Puis mon effroi d'enfant s'est dissipé,

      voilà que deux ou trois portes basses vomirent presque en même temps, et comme par bouffées, dans la cour,

       des nuées d'hommes hideux, hurlants et déguenillés

o  Une mer de têtes sur la place

o  Les jours d’exécution, l’hôtel de ville vomit des gendarmes de toutes ses portes

o  Avant de m’ensevelir dans cette tombe à deux roues, j’ai jeté un regard dans la cour

o  Ma belle enfance, ma belle jeunesse, étoffe dorée dont l’extrémité est sanglante

o   et les explosions de joie redoublèrent.

o  on n'est plus qu'une fraction de ce tout hideux qu'on appelle le cordon,

o  je vis les coups de bâton pleuvoir au hasard dans les charrettes, 

o  J'écoutais en silence cette chute de paroles monotones

o  Le pourvoi, c'est une corde qui vous tient suspendu au-dessus de l'abîme, C'était un air lent et langoureux,

o   une espèce de roucoulement triste et lamentable

      Je suis sa proie ; elle me couve, elle m'enlace de tous ses replis et me surveille avec ses yeux de geôlier. 

      Avant de m'ensevelir dans cette tombe à deux
roues

      il me semblait que le flot des passants s'arrêtait

      auxquelles se tenaient collés, du bas en haut, une foule de visages

      Ce bon geôlier, (avec son sourire bénin, ses paroles caressantes, son œil qui flatte et qui espionne, ses grosses et larges mains), c'est la prison incarnée, c'est Bicêtre qui s'est fait homme. Tout est prison autour de moi ;

      Ce mur, c'est de la prison en pierre ; cette porte, c'est de la prison en bois ; ces guichetiers, c'est de la prison en chair et en os.

      La prison est une espèce d'être horrible complet, indivisible,

     La personnification

      Il s'amusait ( esprit)à me les dérouler les unes après les autres

      une jolie petite plante jaune, toute pénétrée d'un rayon de soleil, jouait avec le vent dans une fente de la pierre.

      l'espérance vint rayonner en moi comme le jour autour de moi;

      à travers les mille émotions qui se disputaient ma pensée

      occupé tout le jour à suivre la marche lente de ce carré blanchâtre que le judas de ma porte découpe

      L’intelligence doit abdiquer, le carcan du bagne la condamné à mort

      Les jours d’exécution, l’hôtel de ville vomit des gendarmes de toutes ses portes

      Je me promenais sous les larges bras des marronniers

      J'observais ce spectacle étrange avec une curiosité si avide, si palpitante, si attentive, que je m'étais oublié moi-même.

      La Grève est sœur de Toulon.

      Elle m'enferme dans ses murailles de granit, me cadenasse sous ses serrures de fer, et me surveille avec ses yeux de geôlier.

      J'écoutais en silence cette chute de paroles monotones qui assoupissaient ma pensée

      lorsque la voix brève et saccadée de l'huissier, placé sur le devant, est venue subitement me secouer

      Répétition

       sur un air tantôt plaintif, tantôt furieux et gai

      Le condamné ! le condamné ! crièrent-ils tous en me montrant du doigt ;

      et cependant j'ai une maladie, une maladie mortelle, une maladie faite de la main des hommes.

      il m'est venu une idée poignante, une idée à me rendre fou,

      Si j'avais ma grâce ? - Avoir ma grâce !La mort ! la mort!

    L’hyperbole

      toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !

      tantôt grotesque, tantôt sanglante, toujours sombre et fatale.

       Les deux premières nuits, d'inquiétude et de terreur

      J'étais encore au plus profond de ce profond sommeil

      une fenêtre était toute grande ouverte.

      plutôt cent fois la mort !

      à travers les mille émotions qui se disputaient ma pensée

      Ô les épouvantables spectres !

      Cependant la pluie tombait à flots

      Le condamné ! le condamné ! crièrent-ils tous en me montrant du doigt ; et les explosions de joie redoublèrent.

      il me sembla que cette nuée de démons escaladait ma misérable cellule

      j'entendis le tumultueux fracas de leurs chaînes, de leurs clameurs, de leurs pas

      tout cela chanté sur l'air le plus doux et par la plus douce voix

      qui ait jamais endormi l'oreille humaine !...

      C'était une chose repoussante que toutes ces monstrueuses paroles sortant de cette bouche vermeille et fraîche.

      Et mille billevesées.

      L’anaphore

      toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !

      Il y avait trois jours que mon procès était entamé, trois jours que mon nom et mon crime ralliaient chaque matin une nuée de spectateurs, qui venaient s'abattre sur les bancs de la salle d'audience comme des corbeaux autour d'un cadavre, trois jours que toute cette fantasmagorie des juges,

      tantôt allongée sur le plancher, tantôt développée sur les tables, tantôt brisée à l'angle des murs

      Je laisse une mère, je laisse une femme, je laisse un enfant.

      Rien de plus dégradé, de plus nu, de plus misérable à l'œil

      J’ai tremblé, comme si j’eusse pensé à autre chose depuis six heures, depuis six semaines, depuis six mois

      Pas un regard dans l’œil, pas un accent dans la voix, pas un geste dans les mains

      J'observais ce spectacle étrange avec une curiosité si avide, si palpitante, si attentive, que je m'étais oublié moi-même.

      Ah ! oui, plutôt mille fois la mort ! plutôt l'échafaud que le bagne, plutôt le néant que l'enfer; plutôt livrer mon cou au couteau de Guillotin qu'au carcan de la chiourme

     Métonymie

      Il importait de me conserver sain et sauf à la place de Grève.

      Peut-être cette lecture leur rendra-t-elle la main moins légère, quand il s'agira quelque autre fois de jeter une tête qui pense, une tête d'homme, dans ce qu'ils appellent la balance de la justice?

      Ces feuilles les détromperont

      Jeter bas l'échafaud après que j'y aurai monté !

      car la guillotine est encombrée,

      Tout Bicêtre semblait rire, chanter, courir, danser.

      C'étaient des jeunes filles, de splendides chapes d'évêque, des batailles gagnées, des théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit

     Synecdoque

      ce reflet jaune où des yeux habitués aux ténèbres d'une prison savent si bien reconnaître le soleil

      et les têtes de la foule fourmiller au fond dans l'ombre,

      Peut-être cette lecture leur rendra-t-elle la main moins légère, quand il s'agira quelque autre fois de jeter une tête qui pense, une tête d'homme, dans ce qu'ils appellent la balance de la justice?

      auxquelles se tenaient collés, du bas en haut, une foule de visages maigres et blêmes, pressés les uns au-dessus des autres, comme les pierres d'un mur

      les yeux se tournèrent vers la fenêtre que j'occupais.

      la plus douce voix qui ait jamais endormi l'oreille humaine !...

      des mains de fer s'emparèrent de moi.

      Périphrase

      la camisole de force, une espèce de sac de toile à voilure, emprisonna mes bras

      j'ai la force de le mener jusqu'au moment où il me sera physiquement impossible de continuer

      la chute verticale d'un couteau triangulaire,

      Du reste, on suppose qu'il y a de l'air et du jour dans cette boîte de pierre.

      tout rentra dans cette espèce de calme extérieur qu'on appelle l'ordre

      plutôt livrer mon cou au couteau de Guillotin qu'au carcan de la chiourme

      Le tout si sale, si noir, si poudreux,

      Antiphrase

      Fête si l'on veut ! me répondit-il. C'est aujourd'hui  qu'on ferre les  forçats  qui  doivent partir demain pour Toulon, Voulez-vous voir, cela vous amusera.

      . C’est monsieur le procureur général, lui ai-je répondu, qui a demandé si instamment  ma tête ? bien de l’honneur pour moi qu’il m’écrive

      On eût dit qu'ils me plaignaient, tant ils étaient empressés autour de mon chevet. Bah ! curiosité !

      Il a raison. Ce serait mal à moi de me plaindre ; ils ont fait leur métier, ils m'ont bien gardé ; et puis ils ont été polis à l'arrivée et au départ. Ne dois-je pas être content ?

      le directeur m'a pris affectueusement la main, et a renforcé mon escorte de quatre vétérans.

      Je conçois. C'est un spectacle qu'on embrasse plus aisément d'un coup d'œil, c'est plus tôt vu. C'est tout aussi beau et plus commode

    Antithèse

      ces douze jurés, qui avaient veillé pendant que je dormais !

      traçaient de grands angles de lumière au faîte des murs hauts et sombres de la prison.

      Comment une idée sinistre aurait-elle pu poindre parmi tant de gracieuses sensations ?

      combien sont morts qui s'arrangeaient pour une longue vie!

      être rudoyé, moi qui suis raffiné par l'éducation, être brutalisé des  guichetiers et des gardes chiourme,

      Les premiers jours on me traita avec une douceur qui m'était horrible

      la marche lente de ce carré blanchâtre que le judas de ma porte découpe vis-à-vis sur le mur sombre

      cette histoire,  nécessairement  inachevée,  mais  aussi complète que possible,

      et pensent sans doute que pour le condamné il n'y a rien avant, rien après.

      Qu'est-ce que la douleur physique près de la douleur morale !

      Puisque le jour ne paraît pas encore, que faire de la nuit ?

      les spectateurs des fenêtres, jusqu'alors silencieux et immobiles, éclatèrent en cris de joie, en chansons, en menaces, en imprécations

      tant d'étincelles reparaître dans cette cendre.

      Un silence morne avait succédé à leurs bruyantes bravades

      C’est lui qui est bon et moi qui suis mauvais

      Vêtus des mêmes vêtements pour le soleil à plomb de juillet et pour les froides pluies de novembre

      leurs rires me faisaient pleurer.

      je vis la ronde hurlante  s'arrêter et se taire.

      Pas malade ! en effet, je suis jeune, sain et fort.

      On entendait ouvrir et fermer les lourdes portes

ØJe ne sais si ce fut le bon Dieu ou le démon qui m'exauça

ØC'était une chose repoussante que toutes ces monstrueuses paroles sortant de cette bouche vermeille et fraîche.

Øtous ces mots difformes et mal faits, chantés, cadencés, perlés !

ØVous y trouvez un oiseau, il a de la boue sur son aile; vous y cueillez une jolie fleur, vous la respirez : elle pue.

Øle directeur m'a pris affectueusement la main, et a renforcé mon escorte de quatre vétérans.

ØPendant que je vacillais sur ma chaise comme endormi, le bon vieillard parlait

Øl'une devant, l'autre derrière la carriole

ØJeune homme ! lui ai-je dit, je suis plus vieux que vous

      Oxymore

      Une sueur froide sortit de tous mes membres

      Ils sont bonnes gens, les misérables

      mêlées d'éclats de rire poignants à entendre.

      Cet atroce éloge m’a donné du courage

      Ce bruit sourd de cris que j’entends

      me crièrent-ils avec leur ricanement atroce

      Mourir si jeune

      j'étais à la fois blessé et caressé.

      La voiture s'est ébranlée. Elle a fait un bruit sourd

      et les explosions de joie redoublèrent

    Euphémisme

      aller voir tel jour

      tomber ma tête

    Énumération

      Elle se glisse sous toutes les formes où mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu'on m'adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot ; m'obsède éveillé, épie mon sommeil convulsif, et reparaît dans mes rêves sous la forme d'un couteau.

      sur la dalle mouillée et suante de ma cellule, dans les rayons pâles de ma lampe de nuit, dans la trame grossière de la toile de mes vêtements, sur la sombre

figure du soldat de garde dont la giberne reluit à travers la grille du cachot,

      trois jours que toute cette fantasmagorie des juges, des témoins, des avocats, des procureurs du roi, passait et repassait

      Cette fois il ne suffit point du pas lourd et des souliers ferrés du guichetier, du cliquetis de son nœud de clefs, du grincement rauque des verrous

      Je demeurais immobile, l'esprit à demi endormi, la bouche souriante, l'œil fixé sur cette douce réverbération dorée qui diaprait le plafond.

      Je revis soudain, comme dans la lumière d'un éclair, la sombre salle des assises, le fer à cheval des juges chargés de haillons ensanglantés, les trois rangs de témoins aux faces stupides, les deux gendarmes aux deux bouts de mon banc, et les robes noires s'agiter, et les têtes de la foule fourmiller au fond dans l'ombre

      mes dents claquaient, mes mains tremblaient et ne savaient où trouver mes vêtements, mes jambes étaient faibles

      Jusqu'à l'arrêt de mort, je m'étais senti respirer, palpiter, vivre dans le même milieu que les autres hommes

      Ces larges fenêtres lumineuses, ce beau soleil, ce ciel pur, cette jolie fleur, tout cela était blanc  et pâle,  de la couleur d'un linceul. 

      Ces hommes, ces femmes, ces enfants qui se pressaient sur mon passage,

      Ma jeunesse, ma docilité, les soins de l'aumônier de la prison, et surtout quelques  mots en latin que j'adressai au concierge, qui ne les comprit pas, m'ouvrirent la promenade une fois par semaine

      on m'a aussi donné de l'encre, du papier, des plumes, et une lampe de nuit.

      Les geôliers, les guichetiers, les porte-clefs

      Quoi ! le soleil, le printemps, les champs pleins de fleurs, les oiseaux qui s'éveillent le matin, les nuages, les arbres, la nature, la liberté, la vie, tout cela n'est plus à moi !

      Une petite fille de trois ans, douce, rose, frêle,

      Ainsi, après ma mort, trois femmes, sans fils, sans mari,  sans  père;  trois  orphelines  de  différente espèce ; trois veuves du fait de la loi

      C'est du crayon, de la craie, du charbon, des lettres noires, blanches, grises, souvent de profondes

      Tout Bicêtre semblait rire, chanter, courir, danser.

      Puis il sortit et referma sur moi serrures, cadenas et verrous.

      Rien de plus dégradé, de plus nu, de plus misérable à l'œil

      tous tentaient un dernier effort pour éviter le voyage, alléguant quelque excuse de santé, les yeux

      malades, la jambe boiteuse, la main mutilée

       Ils grelottaient,  leurs dents  claquaient;  leurs  jambes  maigries,  leurs genoux noueux s'entrechoquaient

      et c'était pitié de les voir appliquer sur leurs membres bleus ces chemises trempées, ces vestes, ces pantalons dégout tant de pluie

      j'entendis le tumultueux fracas de leurs chaînes, de leurs clameurs, de leurs pas

      dans laquelle ballottaient pêlemêle les chaudières, les gamelles de cuivre et les chaînes de rechange.

      On entendit……….., le claquement des fouets, le cliquetis des chaînes, et les hurlements du peuple

      Pas malade ! en effet, je suis jeune, sain et fort.

      Bicêtre, la Conciergerie, la Grève.

      Pendant que j'écrivais tout ceci, ma lampe a pâli, le jour est venu, l'horloge de la chapelle a sonné six heures.

      Le guichetier de garde vient d'entrer dans mon cachot, il a ôté sa casquette, m'a salué, s'est excusé de me déranger, et m'a demandé, en adoucissant de son mieux sa rude Voix, ce que je désirais à déjeuner.

      Il m'a demandé en quoi il pourrait m'être agréable ou utile, a exprimé le désir que je n'eusse pas à me plaindre de lui ou de ses subordonnés, s'est informé avec intérêt de ma santé et de la façon dont j'avais passé la nuit; en me quittant, il m'a appelé monsieur !

      C'étaient des jeunes filles, de splendides chapes d'évêque, des batailles gagnées, des théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit

      Ce bon geôlier, avec son sourire bénin, ses paroles

      caressantes, son œil qui flatte et qui espionne, ses grosses et larges mains, c'est la prison incarnée

      je crois me souvenir que j'ai vu ses lèvres remuer, ses mains s'agiter, ses yeux reluire.

      J'avais déjà dans l'oreille le bruit des roues, le galop des chevaux, le fouet du postillon

     Chiasme

      Les deux premières nuits, d'inquiétude et de terreur, je n'en avais pu dormir ; la troisième, j'en avais dormi d'ennui et de fatigue.

     Litote

      Pas malade

       À suivre

     Attendez les figures de style des chapitres qui restent ( du chap. 23 au chap. 49) dans une prochaine vidéo